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Les Femmes préfèrent les femmes, d'Elula Perrin
Superstar022


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13 messages

posté le 2007-03-17 à 16:09:43

première édition du livre aux editions ramsay

Un livre qui a marqué et marquera plusieurs générations de lesbiennes : Les Femmes préfèrent les femmes, d'Elula Perrin

Les amours de cette lesbienne qui contribua énormément à l'équilibre et à la visibilité des lesbiennes d'aujourd'hui, Elula Perrin.

Titre : Les Femmes préfèrent les femmes
Editions : La Cerisaie, 2002, 256p.
Auteure : Elula Perrin (Autobiographie)


Mot de l'éditeur
En avril 1977, pour la première fois, une lesbienne s'exprimait en toute liberté, racontant sa vie pittoresque, ses amours tumultueuses, et affirmant haut et fort une homosexualité triomphante. Ce fut un immense succès traduit dans le monde entier.

Vingt-cinq ans plus tard, Élula Perrin, prenant du recul, ponctue le texte original de nombreux commentaires et nous livre la suite de ses amours.

Le mot de l'auteure :
« Lorsqu'il fut question de rééditer Les femmes préfèrent les femmes, paru en 1977, j'ai relu ce premier livre empreint de toutes les maladresses et les naïvetés sympathiques d'une première œuvre. J'aurais voulu pouvoir le réécrire entièrement ou presque. Mon éditeur de l'époque avait opéré dans l'urgence : il tenait là un manuscrit brut et sincère, sur un sujet encore tabou, et voulait frapper vite et fort. Ce fut concluant. Le livre fut un best-seller traduit dans tous les pays. Cette nourriture, si fruste et primitive qu'elle me semble aujourd'hui, était donc à ce moment un viatique nécessaire pour beaucoup de lesbiennes. L'une d'elles, enfin, parlait, à cœur et visage découverts, et livrait aux hétéros comme aux homosexuelles quelques clés des portes que l'on nous avait jusque-là dérobées.
Ce livre pouvant être considéré comme le témoignage d'une époque, j'ai renoncé à le transformer. Si j'ai voulu également apporter quelques addenda à la première version, ce n'est absolument pas pour me justifier, car je n'ai de comptes à rendre à personne. N'ayant jamais parlé qu'en mon nom propre, n'ayant jamais prétendu être un porte-drapeau ou un porte-parole, je n'ai fait que clamer haut et fort ce que beaucoup d'entre nous pensaient tout bas. Si les choses n'ont pas beaucoup évolué dans le regard que nous porte la société, le monde du travail et la famille, il est incontestable que nous vivons mieux notre différence parce que nous nous savons aujourd'hui nombreuses et que nous confirmons le proverbe : l'union fait la force. Beaucoup qui se croyaient monstrueusement uniques ont appris que d'autres femmes rêvaient comme elles, aimaient comme elles. »

Extrait :
« Magie de se sentir gorgée, comblée, affolement de ne plus savoir ce qui me fait crier ainsi : sa langue ou ses lèvres, ou ses doigts. Je tremble, je secoue la tête en tous sens, ce qui augmente encore mon vertige.
J'ouvre les yeux. Loin, là-bas, entre mes jambes, des yeux doux qui me regardent jouir, des cheveux que je peux saisir, les joues, douces, douces, que je caresse de mes paumes. C'est une femme qui me fait l'amour. C'est une femme qui me fait jouir. Enfin.
Enfin, oui c'était ça, c'était ça que j'attendais, que je cherchais. Moustique, femme quelconque, femme que je n'aime pas, femme objet, femme professeur, sans que j'y mette ni mon cœur, ni ma tête, ni mon amour, ni ma tendresse, tu m'as appris l'amour. Tu m'as donné mon premier cri, tu m'as accouchée au plaisir, à l'orgasme. La flamme a jailli, seule, au creux de mon ventre, je prends conscience enfin que j'ai un sexe et qu'il palpite comme un oiseau mourant.
Je nais enfin à l'amour. Il m'avait fallu attendre vingt et un ans… Enfin femme, enfin l'égale des autres.
Que de chemin pour arriver à la clairière, à l'air pur, au soleil des femmes-fleurs, des femmes-fruits, des femmes-cavales, des femmes-chagrin !
C'est ainsi que je suis devenue lesbienne à Casablanca une après-midi de mars 1950, dans une vulgaire chambre d'hôtel. Cette seconde naissance fut pour moi aussi importante que la première. »

Biographie :
Née à Hanoï en 1929, Élula Perrin arrive à Paris au lendemain de la Libération, après des études dans les pensionnats religieux indochinois. Licenciée en droit, elle accompagne son mari au Maroc, où elle découvre l'homosexualité dans les bras d'une entraîneuse ; elle sera tour à tour chanteuse afro-cubaine à Rome, institutrice à Marseille ou gérante de plage dans le Midi. Elle règnera ensuite sur le monde de la nuit des femmes du mythique Katmandou au Rive Gauche.
Élula Perrin est l'auteure de plusieurs essais et romans, dont Mousson de femmes, Bulles et noctambules, Alice au pays des femmes, l'Eurasienne, de policiers : Va y avoir mistral, et également L'habit ne fait pas la nonne, suivi de Ne tirez pas sur la violoniste écrits à quatre mains avec Hélène de Monferrand. Paru en 1977, Les femmes préfèrent les femmes sera un best-seller vendu à plus de 100 000 exemplaires et traduit en 10 langues. Son témoignage dans l'émission L'Huile sur le feu de Philippe Bouvard fera passer les lesbiennes de l'ombre à la lumière.
Élula Perrin est décédé le 22 mai 2003.



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